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samedi 17 octobre 2009

FLEETWOOD MAC ~ Le Zénith. Paris.
















Ce qu’en a pensé Vik :

« Fleetwood Mac : un nom géant, mythique, qui a marqué la musique britannique et américaine pendant deux périodes fondamentales entre les 60 et 70s… Fleetwood Mac donne un concert ce soir au Zénith dans le cadre de sa tournée 2009, baptisée "Unleashed" (titre bien étrange pour une tournée). Un retour à Paris inespéré, sans nouvel album (le groupe reste silencieux depuis 2003), mais avec tous ses classiques… Cela fait très longtemps… le dernier grand concert date du « Tusk Tour 1979 – 1980 », le 14 juin 1980 au Palais des Sports ! Sans aucun doute l’événement rock pour les nostalgiques de cette période, et pour tous ceux qui étaient au concert magique du 18 Avril 1997 au Pavillion de Paris. Il est impossible ne pas avoir dans sa discothèque “Rumours” (“A soap opera in vinyl” comme le décrivait le guitariste Buckingham), un disque sorti en 1977 (mais réédité et remastered, avec des bonus en 2004), alors qu’en Angleterre, on était en pleine explosion punk, un disque qui reste même aujourd'hui un modèle de pop fraiche et mélodique, arrosée de country soft-rock ciselée sur la côte Ouest. Un disque hors du temps et actuel. Malgré cette formule gagnante et malgré la consécration commerciale (plus de 27 millions de copies vendues, un record battu seulement par « Thriller » et « Saturday Night Fever »), ce changement pop ne plaît pas à une critique de merde qui sous-estime systématiquement le groupe et n'hésite pas à le cataloguer comme variété commerciale (« popular music », oui !). C'est précisément cet éclairage, cette absence d’une étiquette indie, qui exclura le groupe du panthéon des "Grands”. Et pourtant, l’alchimie des styles, des personnalités et le traitement des ses trois voix a fait le succès de Fleetwood Mac. A défaut de "reconnaissance critique", Fleetwood Mac (et c’est, à mon avis, le plus important), reste à un niveau d'excellence absolue ! Leur légende s’est construite sur quatre albums essentiels : Then Play On  (1969), Fleetwood Mac (1975), Rumours (1977) et Tusk (1979). Oui, le groupe,  aujourd'hui aux cheveux blancs ou gris, a perdu trois guitaristes (dont le grand Peter Green) et deux couples (Nicks et McVie) se sont déchirées (Christine McVie, aux claviers et vocaux, n’est plus là, et la belle chanteuse Stevie Nicks est présente seulement pour ce Tour renouvelé) : pourtant, le batteur géant Mick Fleetwood (67 ans aujourd’hui) emmène toujours le groupe avec enthousiasme, accompagné de son complice de jeunesse, le bassiste John McVie (64 ans).

Le Zénith affiche complet (Eh oui ! On est nombreux à avoir des souvenirs !), avec des places sur des gradins numérotés plutôt chères. Ce n’est pas la peine de se presser, il n’y a pas de première partie.  Tout le monde, dans une ambiance très 70s, est calme et, sans cris d’hystérie, attends simplement un spectacle « décent »... et peut-être plus… Mais de toute manière, il y aura de superbes chansons classiques pour nos oreilles !


20h30 : dans la pénombre, les six musiciens et les trois choristes de Fleetwood Mac entrent sur scène, décontractés, en toute simplicité, accueillis (naturellement) par l’ovation de 6500 fans. Stevie Nicks (61 ans), ayant des difficultés à marcher (à cause de ses bottes à talons hauts?), enveloppée dans son châle porte-bonheur, se laisse accompagner vers le micro par un roadie. Les deux grands écrans à haute définition s'allument, ainsi que six autres écrans rectangulaires, et les lumières de différentes couleurs irradient la scène. Mick, le batteur en casquette, portant gilet noir, chemise et barbe blanche, devant son gong Zildjian, en plein centre, sourit… Et, en véritable chef d'orchestre, fait immédiatement un clin d'œil (le premier d’une longue série) au guitariste Lindsey Buckingham (60 ans), placé à sa droite, en tenue sportive, jeans bleus, t-shirt rouge et veste courte de cuir noir. Monday Morning (1975) est le premier morceau, triste et inattendu, chanté par Lindsey qui pousse sur sa voix dure : c’est l’ouverture du show, sur des lumières qui rebondissent. C'est à couper le souffle. Stevie, avec ses longs cheveux blonds et lisses,  avec ses bracelets de strass brillant à chaque poignet, souriante, un foulard pendu au pied de son micro, fait tourner son châle, entame quelques pas de danse sur une rythmique impeccable, supportée par le bassiste imperturbable John (habillé comme le batteur). La voix est envoûtante, et avec ce morceau impressionnant et touchant, c’est déjà le plaisir de cette soirée de nostalgie qui s’éveille : c’est cela qu’on veut, et le bonheur est dans tous les regards ! On constate rapidement que, puisque le groupe n’a rien à promouvoir, ils jouent juste pour s'amuser, prenant autant de plaisir que les fans présents. Le son est clair et presque parfait (assez fort quand même pour ce genre de pop-rock, mais pas assez pour qu’on ait à se boucher les oreilles…).

Le groupe est bien soutenu aussi par deux autres musiciens, aux claviers et à la guitare, et par trois choristes (dont Laura Nicks, la sœur de Stevie).  Suivent The Chain (« Rumours » est à l’honneur) avec la magie de ses harmonies… Impossible de ne pas chanter son refrain « Run in the shadows, Damn your love, Damn your lies » avec Buckingham-Nicks, deux voix tout à fait uniques qui se fondent ensemble dans cette version passionnée, qui met en vedette chaque membre du groupe. Puis c’est Dreams : avec une joie de pervers et un regard maléfique, Mick Fleetwood frappe ses fûts avec agressivité (difficile de croire qu’il a cet âge là !), suivi dans sa course par le bassiste John McVie (l’homme qui ne sourit jamais quand il joue). Mick, c’est le plus fou du groupe : des éclats de rire, des changements de voix, « We are Fleetwood Mac », « We hope you have a wonderful time », des regards de feu follet, à droite puis à gauche, adressés aux deux chanteurs… Et les chansons suivent... Gypsy, Rhiannon, Second Hand News Tusk, Sara,... que des classiques pour notre plaisir ! Lindsey Buckingham avec sa voix intacte, est surtout un guitariste talentueux, et un showman qui conduit le set de ses "Yeah!", avec une vitesse prodigieuse. Ses doigts sur le manche de sa guitare dynamitent littéralement les notes et déchargent des quantités massives d'adrénaline au long de ses solos. La voix inhabituelle de Stevie Nicks, chaude et rauque, nasale, a légèrement changé avec les années (l’alcool y a été pour quelque chose), sa tonalité est plus basse, les notes hautes sont oubliées, mais les choristes sont là pour compenser les lacunes. Tous les regards sont encore sur elle, avec sa beauté chimérique… car, malgré son âge, elle est encore belle. Elle n’aime d'ailleurs plus se définir comme une icône sexuelle de la jeunesse de 70s, mais elle conserve son charisme… tout en restant un peu à l’écart, car la scène est dominée par Lindsey et son extraordinaire présence.  Stevie,  pendant de longs moments, n'a même pas été présente sur scène, mais à chacun de ses retours, elle tourbillonne lentement, avec son look 70s, souriante, avec une joie communicative, Difficile d'imaginer qu’elle a parcouru un page de vie tumultueuse accro à la drogue et l'alcool ! Aujourd’hui, elle affiche sa différence et elle offre un nouveau souffle au groupe. Oui, l’ancien couple Nicks-Buckingham donne encore sa magie à Fleetwood Mac, et reste toujours « la vedette », même s’ils ne sont plus main dans la main : leur image est immortalisée par tous les appareils photo numériques ou les téléphones cellulaires du public, un public qui semble tranquillement apprécier la soirée, mais sans se déchaîner pour autant dans une ambiance folle. On se laisse porter par ces mélodies, comme à la maison dans son salon, un verre dans la main, en pleine relaxation, les yeux tournés vers les robes à paillettes, les tissus vaporeux et les différents châles de Stevie.
Le temps passe, le plaisir reste… Le set acoustique, qui permet aux autres musiciens du groupe de se reposer, n’est pas oublié : Lindsey est en solo, sous le feu des projecteurs, dégageant une émotion brute avec Big Love… puis en duo, en grande forme, avec Stevie pour Landslide et Never Going Back Again. C’est calme, c’est doux et c’est beau, et Lindsey nous éblouit à la guitare, en finger-piking et médiator dans la poche. Le meilleur moment électrique, ce sera la reprise de Oh Well, une chanson épique et incroyablement innovatrice datant de l'époque Peter Green (Lindsey ne faisait pas alors encore partie du groupe), un vrai morceau blues électrique, brillant comme un diamant, sans doute l’un des morceaux les plus imités dans le rock moderne, un morceau qui permet à un guitariste de laisser libre cours à son originalité, son inventivité, et son intensité, mais sans faire oublier le grand Peter. Puis suit I’m So Afraid sur lequel Lindsey, comme l’étonnant Guitar Hero qu’il est, fait littéralement vibrer son outil de travail avec un solo d’une vitesse vertigineuse, dépassant les huit minutes avec un torrent de notes scintillantes. Quel incroyable guitariste, sous-estimé par les critiques, toujours fidèle à sa guitare Rick Turner ! Ses notes sont pleines d’émotion, il joue d’une manière très technique et très rapide, offrant toute son énergie et son talent au groupe, à ce groupe dont il est actuellement le maître.  Le public le regarde, captivé, et l’écoute, électrisé... un public qui accélère d’instinct la montée du plaisir en l’incitant, tout doucement : « Don't Stop Lindsey !».


Mais la qualité de Fleetwood Mac, c’est aussi sa section rythmique : le bassiste John et le batteur Mick, avec Lindsey en guise de colonne vertébrale... C’est alors Stand Back, morceau toujours puissant - extrait d’un album solo de Stevie de 1984 -, et enfin Go Your Own Way, le tube planétaire de « Rumours », le rock mélodique et mémorable de notre jeunesse, avec la déesse Stevie en dentelles noires et chapeau haut de forme, qui, avec pas moins de sept voix, hante de sa magie noire le public qui lève ses mains joyeusement... C’est la pause... pour les musiciens…

Pour le rappel, ils reviennent sur scène en souriant, Lindsey et Stevie se tenant la main avant de se diriger vers leurs micros respectifs.  World Turning (encore 1975) offre à Mick Fleetwood, à la fin du morceau, un numéro solo de folie. « Are you still with me? », un petit rire et des yeux qui brillent, et il attaque la batterie avec enthousiasme, d’une frappe puissante à la Bonham. Joli solo ! On poursuit avec Don't Stop… dans une version malheureusement médiocre et avec des problèmes de son aux keyboards. Incroyable ! On nous gâche le plaisir, j'ai envie de monter sur la scène, de prendre un micro et de crier « Faites revenir Christine McVie !!! ». Le morceau terminé, Mick Fleetwood, présente les musiciens et quitte la scène en dansant, après avoir déclaré « We're thrilled to be here tonight » sous une ovation méritée. Les lumières restent éteintes, car la soirée n’est pas complètement terminée. Silver Springs, morceau triste mais qui plaît toujours au public sera le dernier interprété par Stevie. Cette chanson, améliorée par la guitare plus fine de Lindsey, est toujours magnifique à chaque fois que vous l'entendez, elle est très romantique et on comprend mal qu’elle ne figurait pas sur l’album « Rumours », mais seulement en face B d’un single. Le refrain « You’ll never get away from the sound of the woman that loves you », les yeux fermés, est touchant. Un final émouvant et juste pour clôturer le concert sous de nombreux et chaleureux remerciements d’un public fervent. Le groupe parcourt la scène pour un dernier salut et s’en va heureux de l'accueil des fans parisiens.

Ce soir, Fleetwood Mac a secoué le Zénith avec un grand concert qui a comporté leurs plus grands hits. Un rêve qui est devenu une réalité en cette soirée d'automne, en dépit des apparences, avec un groupe certes bien ridé, mais qui nous a raconté l'histoire d'une génération nostalgique avec toute une gamme d’émotions grandissantes. Pendant 2h35, dès la première note, et en 23 titres, le public est redevenu adolescent face à un vrai groupe de pop-rock,  applaudissant au rythme de sa musique. Lindsey, qui a beaucoup parlé, à dit « The Mac is back, see you next time » en nous donnant rendez-vous pour un prochain concert… Mais je n’y crois pas ! Une excellente soirée, malgré l’absence remarquée de l’irremplaçable de Christine McVie (que Sheryl Crow a failli remplacer), une Christine McVie actuellement dans une retraite annoncée comme définitive (à 66 ans) en Angleterre.

On sort de la salle, après ce show inoubliable qui a permis à un grand groupe de prouver qu’il résiste à l’épreuve du temps… on laisse derrière nous la nostalgie FM avec encore une puissante impression dans la tête, mais on emmène avec nous les bons souvenirs, ravis de les faire revivre dans la nuit. »

... Another lonely day
You can go your own way
Go your own way...



 

photos de stephanie k, shake f



Fleetwood Mac est un groupe de rock dont on peut diviser l'existence en deux parties bien distinctes, même si on retrouve des membres communs à chacune de ses périodes. Le Fleetwood Mac britannique est un des plus célèbres groupes ayant participé au British Blues Boom à la fin des années 1960. Il s'est constitué en 1967 autour de trois anciens membres des Bluesbreakers de John Mayall. Il s'agit du bassiste John McVie, du batteur Mick Fleetwood et du guitariste et chanteur Peter Green. Ces trois hommes sont rejoints par le slide guitariste Jeremy Spencer. Le groupe s'appelle alors officiellement le Peter Green's Fleetwood Mac. À partir de 1969, le Fleetwood Mac est rejoint par un troisième guitariste, en la personne de Danny Kirwan. Le groupe est à son apogée commerciale et artistique, comme en témoigne l'excellent album Then Play On. Peter Green quitte brutalement le groupe au mois de mai 1970. En proie à des crises de plus en plus aiguës, il finira par se faire interner dans un hôpital psychiatrique. Privé de son leader emblématique, le Fleetwood Mac tente malgré tout de survivre et enregistre l'arrivée de la chanteuse Christine McVie ex-chanteuse du groupe de blues Chicken Shack, qui n'est autre que l'épouse du bassiste John McVie. Après une certaine période de flottement, le groupe se fixe aux États-Unis où Mick Fleetwood fait la rencontre du couple composé de Lindsay Buckingham (guitariste et chanteur) et Stevie Nicks (chanteuse) . Le premier album de cette nouvelle formation, (Fleetwood Mac en 1975) est un succès, mais sans comparaison avec le raz-de-marée qu'est Rumours en 1977, véritable usine à tubes qui  consacrera Fleetwood Mac comme l'un des plus grands groupes de sa génération. Après un troisième album en 1979 (Tusk), le groupe, sans se dissoudre officiellement, rentre dans une certaine période d'inactivité, ses membres se laissant tenter par diverses aventures en solo. C'est un coup d'éclat lors de l'élection présidentielle américaine de 1992 où Bill Clinton utilise Don't Stop pour sa campagne électorale, l'un des succès de Fleetwood Mac. Le groupe, se reforme face à cette médiatisation et enchaîne les nouveaux albums et les tournées. La dernière tournée en date (qui suit Say you Will en 2003) est un véritable succès.







    •    Fleetwood Mac (1968)
    •    Mr. Wonderful (1968)
    •    English Rose (1969)
    •    Then Play On (1969)
    •    Live in Boston
    •    Blues Jam in Chicago
    •    Kiln House (1970)
    •    Future Games (album) (1971)
    •    Bare Trees (1972)
    •    Penguin (1973)
    •    Mystery to Me (1973)
    •    Heroes Are Hard to Find (1974)
    •    Fleetwood Mac (1975)
    •    Rumours (1977)
    •    Tusk (1979)
    •    Fleetwood Mac Live (1980)
    •    Mirage (1982)
    •    Tango in the Night (1987)
    •    Greatest Hits (1988)
    •    Behind the Mask (1990)
    •    25 Years : The Chain (1992)
    •    Time (1995)
    •    The Dance (1997)
    •    The Very Best of Fleetwood Mac (2002)
    •    Say You Will (2003)
    •    Rumours (2004)

•    Stevie Nicks - vocals
    •    Lindsey Buckingham - guitar, vocals
    •    John McVie - bass
    •    Mick Fleetwood - drums, percussion

+
1 Guitar & Vocal
1 Keyboards & Vocal
+
3 Choir Members


1. Monday Morning (Fleetwood Mac - 1975)
2. The Chain (Rumours - 1977)

3. Dreams (Rumours  - 1977)
4. I Know I'm Not Wrong
 (Tusk - 1979)
5. Gypsy (Mirage - 1982)
6. Go Insane (Lindsey Buckingham - Go Insane - 1985)

7. Rhiannon (Fleetwood Mac - 1975)

8. Second Hand News (Rumours - 1977)

9. Tusk (Tusk - 1979)
10. Sara (Tusk - 1979)

11. Big Love (Lindsay Buckingham solo) (Tango In The Night - 1987)
12. Landslide (Stevie Nicks and Lindsay Buckingham) (Fleetwood Mac - 1975)
13. Never Going Back Again (Stevie Nicks and Lindsay Buckingham) (Rumours - 1977)

14. Storms (Tusk - 1979)

15. Say You Love Me (Fleetwood Mac - 1975)

16. Gold Dust Woman (Rumours - 1977)
17. Oh Well (Then Play On - 1969)

18. I'm So Afraid (The Dance - 1997)

19. Stand Back (Stevie Nicks - The Wild Heart - 2003)
20. Go Your Own Way (Rumours - 1977)

Encore 1

21. World Turning (Fleetwood Mac - 1975)
22. Don't Stop (Rumours - 1977)

Encore 2

23. Silver Springs (B Side Sigle Go Your Own Way)



La durée du concert : 2h35






FLEETWOOD MAC ~ Le Zénith. Paris.

















Ce qu’en a pensé Gilles B. :


« C’est mon second concert en l'espace de deux jours au Zénith, et pour la seconde fois, je rentre une le tout premier dans une salle offerte à moi : pas d'hésitation, je file plein centre, au premier rang. Et tout cela pour voir qui ? Fleetwood Mac. Ils existent encore ? me demandent mes collègues, et certains de mes amis. Et bien oui ! Ils existent, et presque dans leur formation d'origine… Je ne parle pas de la toute première époque avec Peter Green, non moi je parle de l'époque de « Rumours » ou de « Tusk », là où le groupe était à son sommet (n'oublions pas que « Rumours » a longtemps été la deuxième plus grosse vente d'albums au monde… Peut-être dépassé maintenant par « Back In Black » d'ACDC). Seule Christine McVie est absente, mais le pour le reste, c'est le groupe de base qui va se présenter devant nous ce soir, pour un concert affichant bien entendu sold out. J'avoue que je ne suis pas un grand fan de Fleetwood Mac, mais Jean Pierre et Gilles P m'ont appris, ou plutôt m'ont fait changer d'avis sur ce groupe, et j'avoue que grâce à eux qui m'ont fait écouter et voir aussi en DVD les prestations de Fleetwood Mac, mon opinion sur ce groupe a évolué, pour en arriver à une certaine forme d'admiration. Mais revenons à notre concert. Ce soir les amis sont là en nombre : Jean Pierre et sa famille presque au complet, la "baronette" pour son tout premier concert (elle aurait pu tomber plus mal), Vincent, Gillles P, Sylvie et son mari, et même Sylvain qui a fait le déplacement. Alors médiocre soirée nostalgie ou bonne surprise ?

Curiosité  ce soir, les crash barrières sont placées à moins d'un mètre de la scène, il semblerait donc qu'il n'y ait pas de photographes, ce qui se confirmera un peu plus tard. Pas de première partie, ce qui m'arrange plutôt, mais ce qui surprend c'est l'absence de roadies sur scène durant toute cette longue attente : pas un seul ne viendra tester le matériel, contrairement à bon nombres de groupes où l'on voit des kyrielles de techniciens s'affairer sur scène pour un résultat qui parfois laisse à désirer. Ce soir, il n'en est rien, et sans rien dévoiler du concert, le son sera tout simplement parfait... comme quoi !.

Après une bonne heure de discussion avec mes voisins venant de province (à noter la diversité du public ce soir, un mélange de gens de tous âges) les lumières s'éteignent, et, presque curieusement, on sent le Zénith très respectueux dans l'attente de ses héros : il faut dire qu'il y a presque 30 ans que le groupe n'est plus revenu à Paris. Même moi, j'ai des frissons qui ñe parcourent le corps. Eh oui Fleetwood Mac est tout de même l’un des rares derniers groupes mythiques qu'il reste. Ma première impression, c'est la sensation de plaisir à l'écoute des premières notes jouées par Lindsey Buckingham, car c'est bien lui qui sera le grand bonhomme de la soirée. Malgré son visage marqué par les années et certainement quelques excès, le bonhomme tient la baraque à lui tout seul. Impressionnant, je dois bien le dire, car Lindsey est un virtuose de la guitare, et le voir de près est assez fascinant. Quant à Stevie Nicks, l'autre personnalité du groupe, il faut bien admettre qu'elle a vieilli, même si elle a toujours sa longue chevelure dorée, et si elle est traditionnellement habillée de noir. Quant au reste du groupe, c'est toujours la section rythmique habituelle, avec Mike Fleetwood bien sûr aux drums, et même si lui aussi a pris de la bouteille, il manifestera pendant toute la durée du concert un vrai enthousiasme mêlé de bonne humeur… à l'instar du groupe tout entier d'ailleurs (seul peut -être John McVie, l'autre "vétéran" du groupe, affichera plus de réserve…). Et il ne faudrait pas oublier les trois splendides choristes, toutes de noir et de cuir vêtues, qui ont fait le bonheur de l'un de mes amis !

Mais qu'en a-t-il été du concert ? Nostalgie ? Show de routine animé par de vieux briscards ? Rien de tout cela, bien au contraire. D'ailleurs Lindsey Buckingham, qui sera ce soir le porte parole du groupe, expliquera en début de concert qu'il n'avait rien à vendre ce soir, juste l'envie de jouer ensemble. Et de fait, cela va très vite se voir. D'abord, c'est une incroyable sensation de limpidité qui rejaillit, avec un son ample et pur à la fois, des musiciens confirmés… Mais le premier vrai choc, c'est de voir à quelques mètres, presque à portée de main par moments, un Lindsey Buckingham virtuose de la guitare, avec sa manière très particulière de jouer, et aussi bien sûr ses "mini guitares", le tout faisant de lui à mes yeux un guitariste unique et hors pair. Le leader, c'est lui, incontestablement. Mais Stevie Nicks a bien entendu son contingent de fans : on entendra beaucoup de "I Love You Stevie" pendant toute la durée du concert. Moi qui ne suis pas un spécialiste du groupe, je reconnais de bonne grâce que chaque morceau joué ce soir avait son intérêt. La complicité évidente entre Stevie et Lindsey, la puissance de chaque mélodie, avec comme premier morceau "hors du lot" qui m'ait fait craquer ce soir, The Chain… et surtout l'évidente envie de jouer ce soir. Je craque aussi sur Rhiannon, bien qu'il m'ait fallu de nombreuses écoutes (merci JP & Gilles) pour apprécier ce morceau à sa juste valeur. Et aussi, malgré le fait que ce soir, même si Stevie n'avait plus tout à fait son léger trémolo dans la voix, l'émotion primait avant tout. Une Stevie Nicks parlant peu, plus en retrait que son ex-compagnon, et malgré l'usure du temps (qui se remarque beaucoup plus sur une jolie femme que sur un homme… on dit hélas souvent qu'un homme est bien conservé ou fait son âge, alors que pour une belle femme, c'est souvent qu'elle a mal vieilli). Stevie était là, assez émouvante, esquissant en milieu et en fin de concert quelques pas de danse en tournant sue elle même, l'éclairage en contrejour rendant la scène très belle. En cours de show, petit intervalle avec un Mike Fleetwood cette fois-ci devant son énorme batterie pour une séance sur un mini kit, l'occasion par là-même de constater que le bonhomme affiche une bonne humeur communicative, et aussi de remarquer son penchant pour les tenues "romantiques", on le croirait tout frais sortie d'un tableau de la Renaissance : une espèce de gentleman en voie de disparition, certainement... Il serait vain de décrire le concert morceau par morceau, mais les grands moments ont été pour moi, outre The Chain et Rhiannon précédemment cités, le formidable Tusk et bien sûr en apothéose une superbe version de Go Your Own Way, où une fois de plus Lindsey prendra un de ses solos dont il a le secret. Si j'avais une (petite) critique à formuler, ou plutôt le seul morceau que je n'ai pas apprécié à sa juste valeur, ce fut l'interprétation de Don't Stop, pendant lequel j'ai véritablement ressenti l'absence de Christine McVie.

Que dire en conclusion ? Un concert pratiquement parfait, un public à l'unisson du groupe, 2h35 de bonheur partagé avec 6400 personnes, la preuve aussi ce soir que les "vieilles grosses machines" ne sont pas toutes rouillées, et qu'elles ne sont pas là forcément QUE pour faire la tournée des compteurs. Oui, Fleetwood Mac m'a surpris, et agréablement, et je suis fier de les avoir vu ce soir. On dévalise le merchandising (bien fourni) avant de tous se quitter sur cette belle impression qui restera gravée dans nos mémoires. Oui, Fleetwood Mac est un GRAND groupe ! »







photos de gilles b
 



Fleetwood Mac est un groupe de rock dont on peut diviser l'existence en deux parties bien distinctes, même si on retrouve des membres communs à chacune de ses périodes. Le Fleetwood Mac britannique est un des plus célèbres groupes ayant participé au British Blues Boom à la fin des années 1960. Il s'est constitué en 1967 autour de trois anciens membres des Bluesbreakers de John Mayall. Il s'agit du bassiste John McVie, du batteur Mick Fleetwood et du guitariste et chanteur Peter Green. Ces trois hommes sont rejoints par le slide guitariste Jeremy Spencer. Le groupe s'appelle alors officiellement le Peter Green's Fleetwood Mac. À partir de 1969, le Fleetwood Mac est rejoint par un troisième guitariste, en la personne de Danny Kirwan. Le groupe est à son apogée commerciale et artistique, comme en témoigne l'excellent album Then Play On. Peter Green quitte brutalement le groupe au mois de mai 1970. En proie à des crises de plus en plus aiguës, il finira par se faire interner dans un hôpital psychiatrique. Privé de son leader emblématique, le Fleetwood Mac tente malgré tout de survivre et enregistre l'arrivée de la chanteuse Christine McVie ex-chanteuse du groupe de blues Chicken Shack, qui n'est autre que l'épouse du bassiste John McVie. Après une certaine période de flottement, le groupe se fixe aux États-Unis où Mick Fleetwood fait la rencontre du couple composé de Lindsay Buckingham (guitariste et chanteur) et Stevie Nicks (chanteuse) . Le premier album de cette nouvelle formation, (Fleetwood Mac en 1975) est un succès, mais sans comparaison avec le raz-de-marée qu'est Rumours en 1977, véritable usine à tubes qui  consacrera Fleetwood Mac comme l'un des plus grands groupes de sa génération. Après un troisième album en 1979 (Tusk), le groupe, sans se dissoudre officiellement, rentre dans une certaine période d'inactivité, ses membres se laissant tenter par diverses aventures en solo. C'est un coup d'éclat lors de l'élection présidentielle américaine de 1992 où Bill Clinton utilise Don't Stop pour sa campagne électorale, l'un des succès de Fleetwood Mac. Le groupe, se reforme face à cette médiatisation et enchaîne les nouveaux albums et les tournées. La dernière tournée en date (qui suit Say you Will en 2003) est un véritable succès.

(http://www.myspace.com/fleetwoodmacunleashed)










    •    Fleetwood Mac (1968)
    •    Mr. Wonderful (1968)
    •    English Rose (1969)
    •    Then Play On (1969)
    •    Live in Boston
    •    Blues Jam in Chicago
    •    Kiln House (1970)
    •    Future Games (album) (1971)
    •    Bare Trees (1972)
    •    Penguin (1973)
    •    Mystery to Me (1973)
    •    Heroes Are Hard to Find (1974)
    •    Fleetwood Mac (1975)
    •    Rumours (1977)
    •    Tusk (1979)
    •    Fleetwood Mac Live (1980)
    •    Mirage (1982)
    •    Tango in the Night (1987)
    •    Greatest Hits (1988)
    •    Behind the Mask (1990)
    •    25 Years : The Chain (1992)
    •    Time (1995)
    •    The Dance (1997)
    •    The Very Best of Fleetwood Mac (2002)
    •    Say You Will (2003)
    •    Rumours (2004)




•    Stevie Nicks - vocals
    •    Lindsey Buckingham - guitar, vocals
    •    John McVie - bass
    •    Mick Fleetwood - drums, percussion

+
1 Guitar & Vocal
1 Keyboards & Vocal
+
3 Choir Members




1. Monday Morning (Fleetwood Mac - 1975)
2. The Chain (Rumours - 1977)

3. Dreams (Rumours  - 1977)
4. I Know I'm Not Wrong
 (Tusk - 1979)
5. Gypsy (Mirage - 1982)
6. Go Insane (Lindsey Buckingham - Go Insane - 1985)

7. Rhiannon (Fleetwood Mac - 1975)

8. Second Hand News (Rumours - 1977)

9. Tusk (Tusk - 1979)
10. Sara (Tusk - 1979)

11. Big Love (Lindsay Buckingham solo) (Tango In The Night - 1987)
12. Landslide (Stevie Nicks and Lindsay Buckingham) (Fleetwood Mac - 1975)
13. Never Going Back Again (Stevie Nicks and Lindsay Buckingham) (Rumours - 1977)

14. Storms (Tusk - 1979)

15. Say You Love Me (Fleetwood Mac - 1975)

16. Gold Dust Woman (Rumours - 1977)
17. Oh Well (Then Play On - 1969)

18. I'm So Afraid (The Dance - 1997)

19. Stand Back (Stevie Nicks - The Wild Heart - 2003)
20. Go Your Own Way (Rumours - 1977)

Encore 1

21. World Turning (Fleetwood Mac - 1975)
22. Don't Stop (Rumours - 1977)

Encore 2

Silver Springs (B Side Sigle Go Your Own Way)



La durée du concert : 2h35


AFFICHE / PROMO / FLYER