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lundi 26 avril 2010

SHE & HIM ~ La Joy Eslava. Madrid. Espagne.











Opening: Chapin Sisters





Ce qu’en a pensé Eric :

«Deviendrais-je - avec l'âge - intéressé autant par la plastique des chanteuses que par leur musique ? Moi qui ai souvent reproché en riant à mon ami Gilles B sa passion pour les petites blondes armées de guitares, me voilà en train de faire la queue devant la Joy Eslava pour voir chanter une actrice de cinéma au charme certain, Zooey Deschanel... au sein d'un groupe (un duo) auquel on reproche en général sa fadeur et sa tendance à faire de la "jolie" musique californienne, sans grande profondeur...! Et c'est vrai que si le disque de She & Him est ravissant, à mon humble avis, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas "tourmenté". Mais pourquoi serait-on tourmentée quand on est jolie et actrice à succès à Hollywood, vous voulez bien me le dire ?

… J'ai dit "faire la queue", car - et je n'ai toujours pas compris pourquoi - il y a déjà une bonne centaine de personnes devant la Joy Eslava quand j’arrive à 19 h 30, mon heure habituelle (normalement, nous sommes 2 ou 3 à cette heure-là !). Ça s'appelle un public "populaire" sans doute, en gros des couples de 25-30 ans qui ne paraissent pas non plus particulièrement tourmentés... Alors pourquoi sont-ils là aussi tôt, hein ? Vous pouvez me le dire ? Le beau temps qui vient enfin de déferler sur Madrid ?... J'ai envie de resquiller, et puis je reprends un semblant de dignité, et je rejoins le bout de la queue, la mort dans l'âme, en me disant que je vais devoir dire adieu - pour la première fois depuis des mois - au premier rang !!! (A noter aussi que, comme j'attends devant l'entrée des artistes de la Joy Eslava, j'ai le plaisir de voir Zooey passer : toute menue, cachée derrière ses lunettes noires, elle ne dénote pas beaucoup par rapport à la majorité des filles qui font la queue !!!). Bon, j'arrive quand même à me placer sur l'une des marches menant à la coursive de droite et surplombant la scène, à deux mètres de celle-ci : ça ira pour ce soir, vue et son parfaits… mais je suis un peu trop près des habituels pénibles qui, partout dans le monde, préfèrent discuter qu'écouter les artistes sur scène... J'ai quand même appris du coup que le vrai RnRmf***r ne peut jamais relâcher son attention, faute de rapidement perdre tout avantage tactique sur le spectateur lambda !

20 h 30 : deux belles blondes a capella sur scène, ce sont les Chapin Sisters, de los Angeles (elles s'excuseront platement de ne pas parler espagnol !) : avec leurs voix complémentaires - l'une haute, l'autre plus basse -, leurs robes fleuries, leur accent d'Américaines qui nous disent découvrir l'Europe (et "préférer Madrid à Barcelone", soi disant... Hurlements d'approbation de la salle...), elles ont vraiment le look "Americana sans âge". Guitares sèches, banjo, tambourin, et des chansons qui oscillent un peu paresseusement entre le folk éternel et la country qui ne l'est pas moins : on ne peut pas dire que tout cela soit excitant ou même un peu original... Des chansons largement dispensables, mille fois entendues un peu partout, mais une interprétation impeccable, il faut le souligner. Elles nous disent aussi faire partie du groupe de She & Him, elles nous indiquent où elles seront placées sur scène, "au cas où ne nous reconnaissions pas, car elles changeront de robes". Marrant ! Bon, le dernier morceau est aussi le meilleur, en forme de mélopée indienne un peu tribale : d'un seul coup il se passe quelque chose, on dresse l'oreille... Mais c'est fini ! 35 minutes d'un set agréable mais assez anodin.

21 h 35 : un type de la salle monte sur scène, pour faire une annonce inattendue : « pas le droit de fumer, ni de prendre des photos, sur la demande express des artistes… ». Bon, pas vraiment surprenant de la part de Californiens (l’interdiction de fumer) et d’une star de cinéma (pas de photos pour « contrôler son image »…). Pour les photos, je décide de passer outre jusqu'à ce que le videur me fasse signe d'arrêter... Zooey Deschanel, vue de près, elle est vraiment toute petite, et sa mignonne robe noire ne la met pas vraiment en valeur : loin des spotlights, on voit un physique un peu ordinaire, pas de seins, un dos rond, des jambes fortes… mais un visage, un visage mon Dieu, qui attire et reflète la lumière : le visage photogénique et cinégénique d’une star, oui ! Avec une fleur dans les cheveux, avec son regard presque trop clair – au point qu’il paraît presque halluciné sous sa frange noire, Zooey est littéralement fascinante. Elle saute de haut en bas dans un pogo un peu déplacé, et pas forcément en rythme. Elle paraît certes un peu crispée, mais immédiatement on réalise qu’elle a une voix assez superbe, presque plus belle que sur disque. Malheureusement, on remarque aussi rapidement derrière elle un groupe lourdingue, composé de trois requins de studio en chapeaux (cela fait donc un groupe de 5 musiciens en comptant les 2 sœurs aux chœurs et aux claviers) : pendant tout le set ou presque, ce groupe va tirer vers le bas des compositions dont le principal charme est la légèreté. De ce fait, pour moi, il est indiscutable que le meilleur moment - et de loin – de la soirée sera le passage acoustique (débutant par un touchant Brand New Shoes), où la voix délicate de Zooey est enfin mise en valeur par les arpèges délicats de la guitare… On repart en groupe, mais assez fun cette fois, avec mon morceau préféré du nouvel album, Gonna Get Along Without You Now…

Bon, il faut que je parle quand même de la seconde moitié de She & Him, j’ai nommé le sieur M. Ward : avec sa moustache et son bouc, il a un look « Robert Downey Jr. latino », en plus minuscule, pour rester dans le domaine cinématographique. M. Ward dirige l’orchestre d’un air impérieux, il prend des poses de guitar hero, ce qui est quand même un peu ridicule quand on analyse sa performance à la guitare, fort moyenne quand même. A noter aussi que M. Ward paraît vocalement assez limité, et qu’il vaut mieux qu’il se contente de faire les chœurs derrière Zooey…  La fin du concert essaie clairement d'être enlevée, mais y arrive à peine : toujours le mauvais poids de ce groupe qui rend la musique tellement terre-à-terre, loin de l’émerveillement qu’on aimerait bien pourtant ressentir. Joli moment quand même avec In the Sun, parce que tout le monde chante dans la salle. Malheureusement, le rappel se révèlera assez quelconque - toutes les bonnes chansons des 2 albums ayant déjà été jouées -, avec Roll over Beethoven tellement conventionnel qu’il en devient ridicule, montrant clairement la limite de l'exercice.

Au final, après ce set de 1 h 15 qui me laisse mi-figue, mi-raisin, j’avoue bien volontiers avoir été surtout fasciné par la délicieuse Zooey, et son sourire à tomber. Et je continue à bien aimer les chansons un peu ordinaires de She & Him… mais il me faut bien reconnaître que la scène ne leur apporte strictement rien. Pour finir, notons l’amusant cache-cache pendant tout le set entre le service d'ordre et les photographes dans le public, qui a rajouté un peu de piment à un concert qui en manquait fortement. »




photos de eric

She & Him est un groupe de rock indépendant formé  de Zooey Deschanel et M. Ward qui se sont rencontré la première fois lors du tournage de The Go Getter en 2007.
  
(http://www.myspace.com/sheandhim)

 



    •    Volume One (2008)
    •    Volume Two (2010)









Zooey Deschanel (voix, piano, Banjo)
M. Ward (guitare, production)












La Setlist du Concert
SHE & HIM


I Was Made For You (Volume One - 2008)
Thieves (Volume Two - 2010)
Black Hole (Volume One - 2008)
Me and You (Volume Two - 2010)
Lingering Still (Volume Two - 2010)
Over It Over Again (Volume Two - 2010)
Home (Volume Two - 2010)
Change Is Hard (Volume One - 2008)
I Thought I Saw Your Face Today (Volume One - 2008)
Brand New Shoes (Volume Two - 2010)
You Really Got a Hold on Me (The Miracles Cover) (Volume One - 2008)
Take It Back (Volume One - 2008)
Gonna Get Along Without You Now (Skeeter Davis Cover) (Volume Two - 2010)
Sentimental Heart  (Volume One - 2008)
Sing (Volume Two - 2010)
Don't Look Back (Volume Two - 2010)
Ridin' in My Car (NRBQ Cover) (Volume Two - 2010)
This Is Not a Test (Volume One - 2008)
Why Do You Let Me Stay Here? (Volume One - 2008)
In the Sun (Volume Two - 2010)
Sweet Darlin' (Volume One - 2008)

Encore

Magic Trick (M. Ward Cover)
Fools Rush In (Ricky Nelson Cover)
Roll Over Beethoven (Chuck Berry Cover)
La durée du concert : 1h15



AFFICHE / PROMO / FLYER













mardi 30 mars 2010

KITTY, DAISY & LEWIS ~ La Joy Eslava. Madrid. Espagne.












Opening : NU NILES





Ce qu’en a pensé Eric :

« Moi qui n'ai pas de racines, ou qui les arrache systématiquement quand elles font mine de pousser, je suis toujours intrigué par le besoin qu'on les gens de s'y accrocher, d'y retourner, de les célébrer. J'ai un peu de problèmes avec la musique "vintage", je ne suis pas bon public quand il s'agit de célébrer des musiques du passé. Mais pour Kitty, Daisy And Lewis, j'ai décidé de faire une exception : moi qui ai été élevé au son de la fanfare de la légion étrangère qu'écoutait mon père, et dans le respect des chanteurs « à texte », de gauche, comme… Jean Ferrat (qu'il repose en paix) que "respectait" ma mère, j'envie un peu Kitty, Daisy et Lewis d'avoir eu des parents qui les ont initiés au rock'n'roll (bien sûr, une recherche rapide sur Internet révèle que la famille Durham n’a rien d’américain, mais vient du nord de Londres, ce qui fait que, comme « racines », ça se pose là…). Alors je suis là pour voir ce que ça fait, une éducation rock'n'roll, je suis là dans une Joy Eslava curieusement archi-complète, avec un nouveau copain de concert, Alejandro, fan de Neil Young et de Cohen, bref un garçon de bon goût malgré son jeune âge...

20 h 30 : il y a en Espagne des groupes qui font du rock comme on l'aime : tranchant, rapide, nerveux, quelque part entre les Clash de Brand New Cadillac et les Stray Cats de Runaway Boys, un soupçon de Shadows par ci, un doigt de mélodies pop par là, et ça nous donne 30 minutes de vrai plaisir simple. Je suis un peu gêné quand même avec les vocaux en espagnol quand il s'agit de jouer une musique aussi typiquement américaine, mais c'est la même chose que si c'était chanté en français. A part ça, les Nu Niles sont un trio qui tue, entre le chanteur guitariste à la telecaster minimaliste et au look "strummerien" qui balance des rifs efficaces, le contrebassiste swinguant comme il se doit, et le batteur qui est une vraie mitraillette et lance des roulements qui crépitent à nos oreilles. Voilà, c'est simple et c'est bon, ça s'appelle le rock. Et c'est partout pareil sur la planète, je me rends compte, et c'est tant mieux...

21 h 30 : une disposition particulière de la scène nous indique que l'on n'a pas ici affaire à un "groupe ordinaire" : alors que la scène que la Joy Eslava offre aux musiciens a une dimension non négligeable, on a préféré ce soir délimiter un petit espace sur le devant, avec des claviers à gauche, un gros ampli Fender à droite (je sais que ça va être un régal pour mes oreilles, à moi qui suis placé à quelques mètres, au premier rang plein centre), une drôle de mini batterie en kit derrière, et un micro au milieu. C'est l'espace confiné et « familial » qu'investiront nos trois héros de ce soir, les juvéniles Kitty (celle qui est la plus jeune, la moins jolie aussi, avec un look disons "hawaïen" prononcé, mais qui a la plus belle voix) et Daisy (celle qui est plus « femme », qui est mignonne à croquer, et officiera une grande partie du set derrière la caisse claire, la cinglant dans une position étrange, assise de profil), accompagnées de leur frère Lewis, au look le plus juvénile des trois, mais aussi le plus fascinant, on y reviendra… Les parents Durham, la mère à droite derrière la contrebasse, blonde un peu ronde aux pieds nus (elle aura droit à la fin à une pluie de pétales de fleurs que fera ruisseler sur sa tête un fan aventureux et amoureux…), le père à gauche, petit homme chauve au teint bistre, appliqué sur sa guitare acoustique, sont clairement en retrait, pour soutenir leur progéniture !

On commence avec un duo un peu doo woop a capella de Kitty et Daisy à deux sur le même micro, avant que s'organise sous nos yeux le ballet incessant qui marquera la soirée : une rotation continuelle de nos trois jouvenceaux entre les instruments, et aux vocaux... car ils sont tous trois de redoutables multi-instrumentistes ! Le set proprement dit est attaqué par Mean Son Of A Gun, l'un de mes morceaux préférés de l'album, et il est déjà possible de constater combien tous ce petit monde a fait des progrès depuis l'enregistrement de ce dernier : voix plus assurées, technique instrumentale irréprochable, son beaucoup plus plein, moins "roots" certes, KD&L n'ont plus la « fraîcheur des débutants » qui illumine leur disque, mais on n'a rien perdu au change, car le groupe déménage désormais, et n'a aucun mal à mettre rapidement le feu à un public conquis à l'avance.

Autre constatation importante, KD and L ont élargi leur palette musicale, sortant du cadre étriqué du rock'n'roll primitif pour explorer la musique hawaïenne, mais aussi le reggae et le ska, avec le support non négligeable d'un superbe trompettiste jamaïcain qui apporte son sourire, son enthousiasme, et son souffle à plusieurs morceaux ce soir. Le son est bien compact, et, mis à part quelques problèmes au début avec un larsen persistant sur la contrebasse - que le papa ingé-son viendra régler -, parfait, respectant l'équilibre des voix même là où nous sommes placés, Alejandro et moi, en plein milieu.

Il est temps de parler d'un aspect non négligeable de KD and L : l'énergie sexuelle qui se dégage - logiquement - d'un tel trio dont l'âge oscille désormais entre 19 et 21 ans. Si Kitty, je l'ai dit, est relativement fade, et ne se départira que rarement de son air grognon ce soir, Daisy est un vrai bonbon sucré, avec ses formes généreuses, ses lèvres charnues et sa poitrine abondante qu'on se ravira forcément de voir régulièrement ballotter à quelques mètres de nous par la grâce d’un généreux décolleté, alors qu'elle martèle une caisse claire ou le clavier du piano, ou encore se concentre d'un air studieux sur son xylophone. Mais, même pour les garçons, la star du groupe, celui qui aimante tous les regards, c'est le jeune Lewis, impeccable dans son costume très 50's et avec sa volumineuse banane gominée : il évoque un mélange magique de James Stewart (la classe "prolétaire" vaguement distraite) et Gregory Peck (l'allure raide du jeune homme grandi trop vite et un peu maladroit), avec bien sûr la moue boudeuse et sensuelle Presleyienne... Et comme Lewis, non content d'être beau comme un jeune dieu, est aussi un musicien remarquable, ce que le disque ne peut pas laisser deviner, autant avouer qu'on est très vite là surtout pour lui ! Parties de guitare flamboyantes, véritable leçon de piano qu'il donnera à Kitty pendant le long rappel (les talents plus limités de Kitty à la guitare alors qu'elle tentera de le suivre dans ses improvisations charmantes n'en seront que plus flagrants), il n'y aura guère qu'à la pedal steel guitar qu'il nous laissera un peu plus dubitatifs...

Au final, pour ce dernier concert de leur tournée, la famille Durham nous offrira 1 h 20 d'un voyage musical vers les origines qui vaudra certes plus pour l'enthousiasme et la qualité de l'interprétation que pour l'originalité des morceaux, tous assez "standards", avec deux clairs sommets : le ravageur Going Up The Country, avec les deux sœurs se disputant le micro pour un chant agressif et enthousiasmant qui ravira tout le monde, et surtout le sublime duo harmonica (Kitty dans ce qui est son point fort !) - guitare électrique (Lewis au sommet) qui viendra conclure le set avant le rappel : décollage vertical du public, grand frisson et larmes aux yeux, un vrai "moment" où l'on a même touché la grandeur... Oui, ça aurait sans doute dû être la fin du set, car la jam session un peu longuette en rappel n'a rien rajouté à notre plaisir.

Voilà, je ne suis pas certain au final d'avoir appris quoi que ce soit sur les mécanismes qui font qu'une famille se métamorphose en machine de guerre musicale, propulsant ses rejetons sur les scènes mondiales : revanche des parents moins gâtés par la vie ? Fierté naturelle vis à vis de ses enfants bien sages qu'on a découvert doués ? Toutes les hypothèses sont possibles, mais j'ai bien aimé que Lewis et Kitty reviennent pour le rappel une clope au bec, comme pour signaler au monde qu'ils avaient désormais conquis la liberté de faire ce dont ils avaient envie. Et la question des racines ? Eh bien, KD&L prouvent ni plus ni moins qu'il convient surtout de ne pas y rester stérilement accrochés : du rockabilly au ska il y a un vrai grand écart qui, on le voit, ne pose aucun problème. »






photos de eric


Kitty, Daisy And Lewis sont un  trio comprenant les frères et sœurs de la famille de Durham. Leur musique est fortement influencée par le R 'N' B, swing, jump blues, country et western, blues, hawaïen et rock 'n' roll. Ils sont tous multi-instrumentistes jouant de la guitare, piano, banjo, guitare lapsteel, harmonica, contrebasse, ukulélé, batterie, trombone, accordéon, xylophone.

(http://www.myspace.com/kittydaisyandlewis)
 

 
A-Z of Kitty, Daisy And Lewis: The Roots Of Rock 'n' Roll (2007)
Kitty, Daisy And Lewis (2008)
Kitty, Daisy And Lewis (2009


 








 Kitty Durham – voice, guitar, etc.
Daisy Durham – frums, guitar, etc.
Lewis Durham – guitar, voice, etc.
Graeme Durham – guitar
Ingrid Weiss - double-bass

 NON DISPONIBLE
 
La durée du concert : 1h16

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