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lundi 5 juillet 2010

ARCADE FIRE ~ Le Casino de Paris.

















Ce qu’en a pensé Yannick M. :

« S’il existe la célébrissime Loi de Murphy lorsque tout va de travers, quel est donc le nom pour son pendant positif ? Quand tout s’enchaine au millimètre ? Car en ce soir du 5 juillet, pour pouvoir être au Casino de Paris assister au retour d’Arcade Fire en France, après plus de 2 ans d’absence, il m’avait fallu un concours d’heureuses circonstances… A commencer par découvrir par hasard l’annonce de ce concert « exclusif » la veille de la mise en vente des billets. Être sur Paris ce jour-là pour aller chercher le précieux sésame, ce qui tient d’une gageure dans mon actuelle vie dissolue d’itinérant. Surmonter un impératif professionnel qui m’obligeait d’être à Madrid ce même 5 juillet. Profiter d’une exceptionnelle arrivée à l’heure d’un avion Air France sur le coup des 19h30, et enfin bénéficier d’une des plus belles inventions déambulatoires récentes, la moto taxi ! Adieu embouteillages, adieu retards, rock plus moto, la soirée s’annonçait belle, furieuse, …

Et à 20h00, après ces 30 minutes de « ride » à moto sous un superbe soleil d’été de fin de journée, je pénétrai donc sous les lambris rouges du Casino de Paris…

Probablement parce que ce concert était un spectacle « promo », avant même la sortie de leur nouvel album (mystères de maison de disque ou sponsors peut-être), aucune première partie ne vint se frotter à la salle bondée.

Et à 20h30, ce sont bien les 8 membres du groupe qui prenaient possession des lieux : 3 femmes, 5 hommes, 2 sets de batterie, un piano, des claviers, 2 violons, de multiples guitares, et ô combien de combinaisons tout le concert durant… toute la richesse d’Arcade Fire est là, sur scène, une concentration d’énergie en devenir, prête à allumer l’étincelle avec leur public sevré depuis 2 ans au moins et impatient d’en découdre. Il ne manquera que quelques cuivres pour pimenter le tout, mais ce serait faire le fin gourmet…

Après une entrée en matière somme toute gentillette, sorte de tour de chauffe, avec 2 premiers morceaux émanant de ce fameux nouvel album, pas encore sorti et naturellement inconnu du public, c’est avec Neighborhood (Laika) que l’ambiance monta nettement d’un cran. Ce premier album « Funeral » fait toujours autant d’effet, les chœurs montent de la salle, le public présent est un public de la première heure. La dynamique se poursuit avec le superbe No Cars Go, de l’album Neon Bible, pour s’achever avec une version totalement délurée et électrique de Haïti. Au chant bien sûr, la délicieuse voix de Régine Chassagne, et crescendo un délire de percussions, avec des musiciens tous en transe, la palme revenant sans conteste à William Butler qui, accroché à sa basse et dans sa chemise à carreaux bariolée, se fait une spécialité d’arpenter la scène dans toutes ses dimensions à coups de violents sauts de marsupilami ayant ingurgité des substances illicites….

Après cet enchainement décoiffant, la fièvre retomba un peu avec à nouveau plusieurs extraits de ce dernier album, aux styles apparemment multiples et variés, difficiles à cerner à travers les versions live des morceaux… Et qui méritera, c’est certain, une réécoute plus attentive lors de sa sortie, dans quelques semaines. The Suburbs, espèce d’ovni très pop, fuité sur le Web dans les semaines précédentes, avec une base de piano acoustique très prononcée, la voix de Win Butler très posée, trop posée, lui dandinant tranquillement assis derrière le piano. Une ballade au final agréable mais qui ne décolle guère. Suburban War qui suit, est plus ancré dans le style mélodique des deux albums précédents, la complexité musicale est là autour des cordes, guitares, violons, …, la montée en puissance rythmique et mélodique aussi, la voix de Win se fait Bowie-esque… Oui le son Arcade Fire est toujours là sur ce dernier album ! Même sans connaitre, le public adopte, la foule se frotte.

La session « on présente notre dernier album » se conclut par We used to Wait, avec Régine au piano acoustique pour commencer, et des rifs de guitare qui viennent casser crescendo ce tempo piano. Assez séduisant au final, sans transporter pour autant. On pourrait même dire que le concert ronronne quelque peu à cet instant. Les membres du groupe ont beau passer d’un instrument à l’autre, et bouger frénétiquement, dans une transe bien à eux, tout en maitrisant parfaitement leur musique, ce n’est pas l’hystérie dans la foule. C’est certain, difficile de maintenir une ambiance euphorique avec des morceaux que les milliers d’afficionados présents découvrent, n’ont pas pu apprivoiser, dont ils n’ont pas pu s’imprégner…

Heureusement, le meilleur était à venir, vite oublié le ronron ambiant, accrochez les ceintures, bienvenue dans le shaker Arcade Fire… fusée à deux étages avec comme lanceur : Neighborhood 3 (Power Out). Et une mise sur orbite enchaînée en continu avec Rebellion (Lies). Un moment inouï, un enchainement d’anthologie, un monument d’emphase et de lyrisme rock, où des vagues extatiques transportent le public, où les chœurs et les cœurs se mettent au diapason, les émotions sont là, à fleur de peau, les voix déraillent au bout de ce quart d’heure de folie québequoise, l’air est bouillant, les corps tout autant, grandiose, lumineux...

Difficile de s’en remettre, apogée du concert, …

Un petit morceau du dernier album en guise de transition, très rock avec double set de percussions/batterie, écrasant des cordes quasi inaudibles, et même un mégaphone pour finir de déchirer nos tympans… Pas aidé, il est vrai, par un son trop saturé à ce moment là. Mais un morceau vite oublié, après la ferveur déclenchée quelques minutes auparavant.

D’autant plus que les premières notes de Keep The Car Running résonnent, et remettent une couche à ce public qui en demande encore, encore, encore.

Et alors que le set principal se termine là-dessus, 70 minutes après avoir commencé, les applaudissements de la foule s’éteignirent assez rapidement après le « Merci Bonne Soirée, à bientôt ! » du groupe et leur sortie de scène. Fatigue ? Pause désaltérante ? Train à prendre ?  Rien de tout ça… Juste une envie collective de rappeler les artistes avec la manière, avec les émotions dont ils nous avaient si bien nourris : trois mille voix à l’unisson fredonnant le thème musical de Rebellion (Lies), des « hou hou » repris a capella, au début « piano piano », puis un chœur de plus en plus ardent et intense, dans un noir baigné de quelques lumières… Inoubliable… J’en suis certain, même les murs et les moquettes du Casino de Paris en ont encore des frissons.

La magie de ce moment trouva son prolongement dans les choix musicaux fait par le groupe pour le rappel, piochés dans leurs deux premiers albums si réussis. Neighborhood 1 (Tunnels) pour recommencer l’embrasement là où il s’était interrompu, puis Intervention.

Et enfin pour finir Wake Up, autre morceau porteur d’un hymne choral exaltant, repris en chœur avec ardeur par tout le public, en transe, chant du cygne magnifique d’un concert magnifique, bien qu’un peu court à mon goût, 1h30.

Concert magnifique mais inégal. Probablement la conséquence de sa logique même : quand presque la moitié du set est consacrée à des nouveaux morceaux, encore inconnus de leurs fans, et faisant évoluer le style musical vers des contrées nouvelles en comparaison des deux premiers albums, difficile de maintenir un niveau d’intensité et d’enthousiasme constant tout au long de la soirée. Autour de moi en sortant, certains expriment à ce sujet un soupçon de déception par rapport à leurs précédentes performances deux ans auparavant. N’ayant personnellement pas eu la chance d’y assister, je vois plutôt le verre à moitié plein qu’à moitié vide… Comment pourrais-je faire la fine bouche devant les souffles épiques d’émotions musicales, bouillantes et intenses, vécues ce soir à travers les nombreux extraits de « Funeral », et à un degré moindre de « Neon Bible ». Une communion intense entre ces Montréalais et leur public, des morceaux exaltants, des vagues de frissons, une fièvre euphorisante. Oui, définitivement, mon verre d’émotions musicales était bien plein en cette douce soirée de juillet, délicieusement rempli par l’élixir Arcade Fire … et n’en sera que plus rempli dans moins de deux mois avec leur prochain passage lors de Rock en Seine. J’en ai déjà soif… »







photos de adrien chabal


Arcade Fire (également appelé The Arcade Fire) est une formation de rock indépendant originaire de Montréal, Québec, Canada, en 2000, jouant un rock émotionnel et inclassable. Il s'est développé autour du couple formé de Win Butler et Régine Chassagne . Cependant ils ne connaissent le succès qu'avec Funeral, qui paraît en 2004. Le groupe fait usage d'un large éventail d'instruments de musique — surtout de la guitare, de la batterie et de la guitare basse — mais aussi du piano, de l'alto, du violoncelle, du xylophone, de l'accordéon et de la harpe. La plupart des musiciens jouent de plusieurs instruments: sur scène, on peut ainsi voir Régine Chassagne passer de l'accordéon à la batterie ou Win Butler de la guitare à l'orgue.

(http://www.myspace.com/arcadefireofficial)
 

  
    •    2004 : Funeral
    •    2007 : Neon Bible
    •    2010 : The Suburbs





  Win Butler : Chant, Guitare, Piano, Basse.
Regine Chassagne : Chant, Accordeon, Batterie, Xylophone, Percussions, Clavier.
Will Butler : Clavier, Percussions, Xylophone.
Richard Parry : Clavier, Piano, Accordeon, Xylophone, Percussions, Basse.
Timothy Kingsbury : Basse, Guitare.
Sarah Neufeld : Violon.
Jeremy Gara : Batterie, Guitare.







La Setlist du Concert
ARCADE FIRE



Ready To Start (The Suburbs - 2010)
Modern Man (The Suburbs - 2010)
Neighborhood #2 (Laïka) (Funeral - 2004)
No Cars Go (EP - 2003)
Haiti (Funeral - 2004)
Empty Room (The Suburbs - 2010)
The Suburns (The Suburbs - 2010)
Suburban War (The Suburbs - 2010)
We Used To Wait (The Suburbs - 2010)
Neighborhood #3 (Power Out)  (Funeral - 2004)
Rebellion (Lies) (Funeral - 2004)
Month Of May (The Suburbs - 2010)
Keep The Car Running (Neon Bible - 2007)

Encore

Neighborhood # 1 (Tunnels) (Funeral - 2004)
Intervention (Neon Bible - 2007)
Wake Up (Funeral - 2004)




La durée du concert : 1h25


AFFICHE / PROMO / FLYER







 




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